John Williams : de Star Wars à Indiana Jones, histoire d’un compositeur devenu culte !

Il semble en pleine force de l’âge, mais ses nombreuses collaborations avec le cinéma nous rappellent qu’il est depuis longtemps un compositeur  emblématique. Avec son travail ardu et talentueux, il est devenu un véritable mythe. Il a signé les bande-originales de dizaines de films devenus aujourd’hui cultes. Des Dents de la mer, à La Liste de Schindler, en passant par les sagas Indiana Jones et Star Wars, John Williams a accompagné les grandes figures du cinéma, ce qui fait de lui un intime  tant d’Harry Potter que de Dark Vador. Inspiré par les grands compositeurs classiques, amoureux de la pellicule, et ami proche de Steven Spielberg, John Williams dégaine aujourd’hui sa toute dernière partition, attendue avec impatience depuis plusieurs mois. Star Wars : Le Réveil de la Force, premier opus d’une nouvelle trilogie sort aujourd’hui en salles. C’est donc l’occasion de retrouver la maestria de Williams, et les thèmes cultes qu’il commença à écrire à la fin dès 1977 pour le film initié par George Lucas. Et c’est pour nous un bon prétexte pour rendre un bien trop humble hommage, à notre façon, à ce génie musical dont les airs emportés nous restent indéfiniment gravés en tête.

Une bonne dose de talent, et quelques belles rencontres

« L’univers lointain des six films Star Wars ne m’a jamais quitté, et je suis très heureux de continuer à faire partie de tous les fans qui participent à sa réalisation ». Ces paroles témoignent de la passion animant la musique de John Williams. A 83 ans, il compte encore parmi les  fervents passionnés de la saga Star Wars, et continue, encore aujourd’hui, à écrire les « score » de l’univers SF créé il y a presque quarante ans par George Lucas.

L’amour de la magie et des films transpire encore dans toute l’oeuvre musicale du compositeur, qui peut se vanter d’avoir élaboré les plus grandes partitions du cinéma moderne. Depuis ses débuts dans la musique de film à l’aube des années 60, où il a alors une trentaine d’années, Williams enchaîne les collaborations prestigieuses. Il compose, entre autres, pour Don Siegel (1964), mentor de Clint Eastwood, puis pour Robert Altman (la même année) ou William Wyler (1966), grand nom de l’âge d’or hollywoodien. En 1972, sa musique remporte un franc succès et un  premier Oscar : celui de la meilleure partition de chanson, pour son travail sur Un violon sur le toit, de Norman Jewison. Mais c’est en composant la bande-originale de Reivers (Mark Rydell, 1969), dont la tête d’affiche est Steve McQueen, que Williams va faire une rencontre décisive.

Il rencontre alors un tout jeune réalisateur, encore peu connu du grand public. Admiratif de son travail de compositeur, le jeune metteur en scène demande à Williams s’il peut composer la musique de son tout premier film, Sugarland Express. Nous sommes en 1974, et ce jeune cinéaste s’appelle Steven Spielberg. C’est alors le début d’une longue collaboration, devenue aujourd’hui une marque de fabrique indispensable au cinéma de Spielberg. De films en films, les deux compères ne se quittent plus et la musique de Williams finit par devenir totalement indissociable de l’oeuvre d’un des plus grands producteurs et réalisateurs hollywoodiens. Ensemble, il signeront de vifs succès. Les dents de la mer (1975), qui fera remporter un deuxième Oscar au compositeur, puis Rencontres du troisième type (1977), Les aventuriers de l’arche perdue (1981), E.T. l’extra-terrestre (1982), et les deux premiers volets de la saga Jurassic Park (années 90). Au total, ils collaborent sur près de trente films, et les musiques deviennent tout aussi populaires que les films eux-mêmes. Quelle est la recette du succès ? Une grande dose de talent, certes, et l’entretien  apporté à une collaboration réussie. A propos de son acolyte, Williams raconte : « En quarante ans de collaboration, jamais il ne m’a dit que mon travail ne lui plaisait pas. » Spielberg, lui, s’amuse à comparer leur relation réalisateur/compositeur à celle d’un autre grand nom du cinéma, Alfred Hitchcock, pour qui la musique avait aussi une grande importance narrative.

John Williams composed Star Wars soundtrack
C3PO et John Williams, deux amis proches depuis près de quarante ans
La musique de John Williams au centre du culte Star Wars

Mais le culte rendu à John Williams ne se limite pas uniquement à sa collaboration avec Steven Spielberg. Elle va bien au-delà et notamment dans son travail sur la saga Star Wars. En 1977, Spielberg présente John Williams à un ami, George Lucas. Ce dernier planche sur un film voguant entre science-fiction et fantastique : Star Wars. A ce stade, c’est à dire avant de s’entretenir avec Spielberg et avant de rencontrer Williams, Lucas pense limiter la musique de son film à des morceaux de musique classiques déjà existant, afin de souligner les scènes épiques et très visuelles de son long-métrage. Mais, en discutant avec Spielberg, il commence à se laisser convaincre de voir les choses autrement. Finalement, John Williams est engagé pour écrire les partitions de ce premier volet de Star Wars. Sur demande de George Lucas, il s’inspire des grands compositeurs de musique classique et des bandes-originales de l’âge d’or hollywoodien. Finalement, la musique de John Williams se retrouvera au centre-même du culte voué par des milliers de fans à la saga futuriste.

Plus tard, George Lucas avouera : « Environ 90% des films de la saga Star Wars passent par la musique. Elle a été réalisée à l’ancienne, comme pour les films muets. Les émotions sont portées aussi bien par la musique de John Williams que par les scènes elles-mêmes ».

En effet, cette capacité à transporter le spectateur en plein coeur du film et à faire naître des émotions par la densité de la musique, est encore aujourd’hui la plus grande force des compositions de l’artiste, et lui vaudra d’être la personne encore vivante la plus oscarisée (5 Oscar). Qui donc peut se dire complètement imperméable à l’envoûtement musical toujours élaboré et orchestré avec brio par le compositeur ? Rien qu’en écoutant les solos mélancoliques de violons du thème principal de La liste de Schindler, le spectateur fondait aussitôt en larmes, ému par la force des notes, la puissance de l’interprétation, et la virtuosité de la partition. Ce même spectateur qui, en sortie de salle, gardait déjà en tête l’entrainante mélodie des Aventuriers de l’arche perdue, et qui fredonnait auparavant l’air culte d’E.T., rêvant d’amitié extra-terrestre et de vélo dans la lune. Cher monsieur Williams : merci. Car même encore aujourd’hui, on se surprend à retomber en enfance, à l’image des enfants perdus, en revoyant et réécoutant cela en boucle :

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